CORPS À CORPS
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Le quotidien du championnat du monde de lutte gréco-romaine
Lundi 6 octobre 2003 - n°5

Champions du monde

Armen Nazarian (Bul) 60 kg

1996 : Armen Nazarian devient champion olympique pour l’Arménie. C’est alors qu’il décide de combattre pour la Bulgarie, pays sous les couleurs duquel il obtiendra son second titre olympique, à Sydney en 2000. En 2002, Nazarian obtient le titre mondial à Moscou. Dimanche soir, grâce à un physique impressionnant et une technique à toute épreuve qui ont laissé le Cubain Roberto Monzon impuissant, le Bulgare a doublé la mise.
M.C.

Alexei Glushkov (Rus) 74 kg

Le Russe Alexei Glushkov a décroché le titre de champion du monde en 74kg. Triple champion d'Europe en 1999, 2000 et 2003, 3e aux Jeux de Sydney ainsi qu'au championnat du monde 2001, il a su s'imposer 3-0 face à l'Allemand Schneider : " C'était un match très difficile, dans une catégorie où il existe une importante concurrence ", a-t-il déclaré.
A.D.

Martin Lidberg (Suè) 96 kg

L’expérience l’a emporté sur la fougue. Martin Lidberg, champion d’Europe 2000 et médaillé de bronze au championnat du monde 1998, aurait pu trembler avant de rencontrer en finale des 96 kg le meilleur lutteur de l’année 2002, l’Egyptien Karam Gaber Ibragim, impressionnant en demi-finale. Il n’en a rien été : à 30 ans, le Suédois s’est imposé 3-1 face au géant égyptien. 
J.C.

Ils ont dit

Laurent Cathala,
député-maire de Créteil : "En plus d'être un événement important pour la ville, l'organisation des championnats du monde est la reconnaissance d'un travail effectué depuis longtemps par le mouvement sportif cristolien. Organiser une telle manifestation peut être un point positif pour la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques de 2012."

Michel Lafont, directeur technique national adjoint : "Il y a un bon niveau chez les Français mais il reste encore du travail pour rivaliser avec les pays de l'est."

Les agents de sécurité des championnats du monde de Créteil : «Etant donné que nous sommes principalement des sportifs, nous avons un réel intérêt pour la lutte. Cependant la lutte est un sport de combat avec système de comptage de points pas forcement évident pour les personnes non initiées.»

Un spectateur : «La lutte est un sport que je ne connaissais pas avant de venir au Palais des sports. A première vue, les gens pourraient penser que ce sport nécessite uniquement des qualités physiques. En fait, j’ai remarqué que la technique apportait un plus à la puissance pure. »

En bref

L’Américain Jim Gruenwald ne s’est pas présenté pour la petite finale. Lors de sa demi-finale l’opposant à Armen Nazarian, il s’est blessé à l’épaule et il n’a donc pas pu défendre ses chances pour la médaille de bronze. La troisième place est
revenue au Roumain Eusebiu Diaconu.

“Ce mondial va susciter des vocations”
Jean-Michel Brun, président de la Fédération française de lutte

Quel bilan sportif tirez-vous de la prestation des lutteurs français ?
Jean-Michel Brun : Dans les objectifs que nous nous étions fixés, il y avait une part de rêve. Nous espérions trois billets pour Athènes et une médaille. Il s'avère que la réalité nous a rattrapés mais nous sommes très heureux d'avoir obtenu deux sélections pour les Jeux Olympiques. Je garde tout de même une pensée pour les autres membres de l'équipe de France, malgré des résultats qui ne sont pas à leur hauteur de ce que l'on attendait : j'espère qu'ils obtiendront plus tard leur qualification pour les Jeux.
Les deux quotas olympiques ont été obtenus par les deux plus jeunes lutteurs de l'équipe de France. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Je suis très heureux pour Mélonim Noumonvi et Yannik Szczepaniak, leurs performances prouvent que le travail réalisé dans les clubs porte ses fruits. Ces deux jeunes sont l'avenir de la lutte gréco-romaine française. Il est extraordinaire pour ces athlètes de se qualifier pour les Jeux à seulement 21 et 23 ans. En plus, avec le succès populaire de ce Mondial, je pense que cela va susciter des vocations chez les jeunes.
Qu'espérez-vous comme retombées à l'issue de ce championnat du monde ?
La couverture médiatique que nous avons connue pour ce Mondial nous laisse penser que les jeunes seront sensibilisés à la lutte. Au moins, ils connaîtront notre sport. La diffusion des images du championnat sur le site internet tf1.fr par le biais de l'ADSL (haut débit) aura été la première expérience de ce type pour notre sport. Nous espérons que ceux qui en auront profité auront apprécié notre côté novateur dans l'utilisation des nouvelles technologies.
Propos recueillis par Térence Joubert

Jean-François Lamour décerne un bon point au Mondial

Présent dimanche après-midi au Palais des Sports Robert-Oubron de Créteil , Jean-François Lamour, le ministre des sports, est venu encourager les finalistes des championnats du monde de lutte. Lui-même ancien sportif – il fut double champion olympique de sabre - et proche de Ghani Yalouz, le directeur des équipes de France de lutte, le ministre a apprécié la compétition : « Sur les dix championnats du monde qui se sont déroulés cette année en France, celui-ci fait partie des mieux organisés », a-t-il déclaré. Après avoir remis les médailles aux lutteurs, Jean-François Lamour a décerné une récompense un peu particulière aux bénévoles du Mondial : « Je remets le tableau d’honneur à l’équipe des bénévoles et un bon point à la qualité de l’accueil », a confié le ministre, qui ne cache pas que cette réussite sert les intérêts de la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2012.
« Nous avions la volonté d’organiser ces championnats, car nous voulons montrer notre capacité et notre savoir-faire pour les Jeux », a-t-il ajouté, avant de conclure : « La lutte est un sport magnifique, où la tricherie ne peut pas exister. »
Juliette Obriot

La vidéo, le quatrième arbitre

Lors d'un championnat du monde, les arbitres subissent une énorme pression. Mais en cas de doute ou de différent, ils peuvent avoir recours à la vidéo, qui leur permet de prendre des décisions plus justes. Auparavant, la caméra vidéo filmait tout le match, sans interruption. Pour pouvoir adresser une réclamation et visionner cette vidéo, le pays demandeur devait payer une certaine somme, appelée protet. Le problème était étudié immédiatement après le match par la commission d'arbitrage mondial. Le résultat du combat pouvait être modifié si une erreur était bien constatée sur les images. Quel que soit l'aboutissement de la réclamation, la FILA gardait la somme d'argent versée, ceci pour éviter toute forme d'abus.
Depuis quatre ans environ, le protet est aboli. En cas de différences d'appréciation entre les arbitres, la vidéo peut être consultée en plein match, la décision étant prise immédiatement par le chef de tapis. La communication entre les arbitres se fait en français, qui est la langue officielle de la lutte, même si l'anglais est très utilisé. Les techniques de l'arbitrage sont toujours en évolution, avec un seul objectif : rendre ce sport à la fois plus juste et plus rapide.
Arnaud Drion

Entraîneurs sous surveillance

A l'occasion de la compétition, on voit souvent les " coaches " sortir de leur rôle de conseillers techniques et monter sur le tapis, s'indigner de telle ou telle décision du jury. S'ils ne peuvent pas déposer de réclamations officielles, ils ont le droit de montrer leur mécontentement, ce qui amène parfois le chef de tapis à réviser la position de l'arbitre. Par contre, ils doivent rester corrects et respecter les décisions arbitrales, sous peine d'être sanctionnés. S'ils dépassent les limites, un carton jaune peut leur être infligé, qui les exclut du match. Un carton rouge les interdit de bord de tapis pour toute la compétition. En cas de débordement caractérisé, une sanction financière peut même leur être infligée.
A.D

Nazarian sur le toit du monde

Le monde de la lutte gréco-romaine a vibré pendant les quatre jours d’une compétition riche en rebondissements et qu’aucun pays n’a vraiment dominée.

Au lendemain des dernières finales, un nom s’impose entre tous : Armen Nazarian. Au sommet de son art, le champion bulgare a ébloui le public français. L’or mondial chez les 60 kilos a couronné pour la deuxième fois consécutive son parcours impérial. Il est d’ailleurs le seul champion du monde à conserver son titre à Créteil.
Car, du côté des vedettes annoncées de ce championnat du monde, l’heure était plutôt à la désillusion. Que dire, en effet, de la défaite au deuxième tour de l’Américain Rulon Gardner chez les 120 kg, des deux doubles champions olympiques, le Turc Hamza Yerlikaya (84 kg) et le Cubain Filiberto Ascuy (74 kg) écartés avant les demi-finales… Le Suédois Ara Abrahamian, battu en finale des 84 kg, s’en est mieux tiré. Au palmarès des nations les plus déçues, la Turquie est bien placée : les éliminations de Mehmet Oezal, champion du monde 2002, et de Seref Eroglu, vainqueur des trois derniers championnats d’Europe, viennent s’ajouter à celle de Yerlikaya. Au final, la Turquie repart bredouille, tout comme l’Arménie et les Etats-Unis. Les médailles étaient donc très chères, à Créteil, puisqu’aucun pays n’en ramène plus de deux. Six pays ont obtenu deux podiums. La Russie, en tête du classement des nations avec deux titres, comptabilise trois médailles de moins que l’an dernier. La Suède, deuxième, s’en tire avec une d’or et une d’argent, la Géorgie avec une d’or et une de bronze. Cuba, la Corée du Sud et la Hongrie remportent chacun une médaille d’argent et une de bronze. Le renouvellement des médaillés par rapport à l’édition précédente est important, puisqu’il avoisine les 70 %. Avec cinq quotas olympiques décrochés à Créteil, l’Ukraine, qui compte pourtant une seule médaille, devance la Géorgie et l’Allemagne, détenteurs de quatre tickets pour les Jeux. Au total, 33 pays, sur les 72 présents, ont décroché au moins un billet pour Athènes.
Camille Vandendriessche

Journal officiel du comité d’organisation du 48e championnat du monde de lutte gréco-romaine, réalisé par les étudiants de Sportcom, formation de l’Institut national du sport et de l’éducation physique (INSEP) et du Centre de formation des journalistes (CFJ).
Directeur de la publication : Alain Bertholom.
Rédaction en chef : Gilles van Kote et Agnès De Féo.
Rédaction : Achille Bony, Matthieu Brelle-Andrade, Matthieu Canu, Jessica Cerival, Mélanie Chanvillard, Agathe Costes, Lucie Decosse, Arnaud Drion, Gwladys Epangue, Térence Joubert, Juliette Obriot, Mickaël Pirat, Laetitia Tchoualack, Camille Vandendriessche.