CORPS À CORPS
(la mise en page de ce quotidien n'est pas celle de la version officielle, html oblige...)

Le quotidien du championnat du monde de lutte gréco-romaine
Dimanche 5 octobre 2003 - n°4

Champions du monde

Dariusz Jablonski (Pol) 55 kg

« C’était le combat de ma vie ! » Le Coréen Im Dae-Won menait encore le combat une minute trente avant la seconde reprise par 5 points à 4. Mais le Polonais n’avait pas dit son dernier mot et, après un effort incroyable, le lutteur polonais de 30 ans s’imposera 6 à 5. Sur le podium, ses pommettes violacées témoignaient de l’âpreté du combat. Le prix de la victoire.
« My life’s fight ! » Those words are Jablonski’s after his victory against corean wrestler Im Dae-Won. The polish wrestler, 30, is word champion for the first time and won his title by a 6-5 victory.
J.C.

Manuchari Kvirkvelia (Geo) 66 kg

Chez les 66 kg, Manu Chari Kvirkvelia, 3e au championnat du monde et vice-champion d'Europe en 2002 et 5e au championnat d'Europe cette année, a offert au public du Palais des sports une finale digne d'un film à suspense. Face à l'Ukrainien Armen Vardanyan, vice-champion d'Europe cette année, cet étudiant de 24 ans, a fait la différence.
Manu Chari Kvirkvelia, third at the world championship and vice-european champion 2002, 24, created a big sensation yesterday, wining the 66 kg title over Ukrainian world champion Armen Vardanian.
A.B.

Gotcha Tsitsiashvili (Isr) 84 kg

C'est un Israélien de 30 ans d'origine géorgienne qui a détrôné le double champion du Monde Ara Abrahamian. " Ce n'est pas une surprise, a-t-il confié, lorsque je combats, je reste toujours gagnant dans ma tête ". Cette médaille lui offre un statut de favori pour les prochains Jeux Olympiques d'Athènes.
"It's not a surprise. When I'm fighting, I always think I'm winning." Sixt in Sydney, Tsitsiashvili, who beated double world champion Abrahamian 2-0 in final, is now in leading position before the next Olympic Games 2004.
A.D.

Baroev Khassan (Rus) 120 kg

Agé de seulement 20 ans, Baroev, étudiant en éducation, permet à la Russie de reprendre la suprématie mondiale. Trois ans après la défaite du légendaire Kareline en finale des Jeux Olympiques, Baroev, champion du monde junior en 2000, semble son successeur désigné. “ Khassan a une marge de progression est énorme, annonce son entraîneur.
Junior world champion in 2000 is now one of the best russian wrestlers since Kareline retired after last Olympics Games. “ He has a great potentiel ”, says his trainer.
M.C.

En bref

Laurent Deutsch, supporter Hongrois
L'acteur et comique français Laurent Deutsch était présent, hier, pour la finale des 120 kg. "Mon cousin est un ancien lutteur de l'équipe de Hongrie. Il m'a invité à venir supporter Mihaly Bardos, le finaliste Hongrois. Ce sport me plaît, mais à ce niveau technique c'est vrai que c'est un peu compliqué."

Pizzas de champions
En faisant un tour du côté de la buvette, vous avez certainement aperçu des pizzas au noms originaux. La buvette propose trois pizzas au nom de Yerlikaya, Gardner et de Aïnaoui. A la différence de ces champions, ces pizzas sont toujours au menu d'aujourd'hui.

Une médaille pour le Pr Saillant
Grand chirurgien du sport, le professeur Saillant a été récompensé, hier matin, par son ami Jean-Michel Brun, président de la Fédération Française de Lutte (FFL). Célèbre pour avoir opéré les plus grands sportifs du monde, il a reçu la médaille d'or de la fédération en présence de Raphaël Martinetti, président de la FILA, et de François Besson, représentant du Ministère des sports.

Sold out
Les retardataires ont eu tort. Il n'y a déjà plus de places pour assister aux finales ! Vendredi, tous les billets avaient été vendus.

5000 !
C'est le nombre estimé de sandwiches vendus à la buvette pour toute la durée du championnat du monde.

Monzon et Nazarian visent la finale

Hier, les tours de qualification ainsi que les huitièmes de finale se sont achevés en fin de matinée pour les catégories 60, 74 et 96 kg dans l'ambiance très " chaude " des percussions. Dans la catégorie des 60 kg, le Cubain Roberto Monzon, médaillé de bronze au dernier Mondial, est apparu en grande forme. Vainqueur d'Ainaoui, il sortait ensuite l'Allemand Jurij Kohl, rejoignant ainsi Armen Nazarian, le Bulgare champion du monde en titre, en quarts de finale.
Aguilera sorti
Monzon affronte ce matin le Polonais Zawadzky, vice-champion du monde en 2002. Nazarian rencontrera le Géorgien Chachua. Monzon et Nazarian peuvent espérer se retrouver en finale.
Chez les moins de 74 kg, le Kazakh Danil Kalimov a battu Igor Balaur, dernier Français encore en lice, et rencontre le Bélarusse Kikiniou, ce matin en quarts de finale. Dans cette catégorie, la surprise a été créée par l'Ukrainien Volokymyr Shatskikh, qui a sorti en poule le Cubain Filiberto Ascuy Aguilera, double champion olympique et champion du monde 2001. Enfin, dans la catégorie des 96 kg, la hiérarchie a été respectée puisque Mehmet Oezal, champion du monde en titre, et Ramaz Nodadze, champion d'Europe cette saison, ont accédé aux quarts de finale.
La journée promet d'être animée avec les quarts et les demi- ce matin et des finales prévues à partir de 17 heures.
Matthieu Canu

Les Français hors du coup

Les derniers espoirs français ont été déçus hier matin lors des derniers matches de poule et des huitièmes de finale malgré le soutien d'un groupe de jeunes percussionnistes venu du Havre pour les supporter. En 96 kg, Cédric Théval avait pourtant bien commencé la compétition avec une victoire vendredi face à Tarkong, le lutteur de la confidentielle République de Palau. Exempt de son deuxième match de poule, comme tous les Français, Théval, était qualifié directement pour les huitième de finale, hier matin. C'est là, qu'il s'est fait battre matin, par l'Ouzbek Cheglakov.
Pour Djamel Aïnaoui , tout n'a pas été aussi facile que ses entraîneurs le pensaient. En effet, le chouchou du nombreux public présent dès hier matin au Palais des sports, a perdu ses deux combats contre le russe Baraban et contre le cubain Roberto Monzon
Igor Balaur, qui combattait dans la catégorie des 74 kg, avait suscité plus d'espoirs, gagnant son premier combat de la journée contre le hongrois Berzicza. Qualifié pour les huitièmes de finale, il n'a cependant pas pesé lourd (3-0) contre le péruvien Barrera.
Melonin Noumonvi, en 84 kg, et Yannick Szcepaniak en 120 kg, avaient pour leur part été éliminés vendredi, respectivement, en huitièmes et en quart de de finale mais se s'étaient déjà qualifiés pour les J. O. Les autres, ne doivent cependant pas nourrir trop d'inquiétudes. Il leur reste deux tournois pour obtenir leur billet pour Athènes.
Jessica Cerival

“Victimes de notre succès”
Alain Bertholom, président du comité d'organisation

Comment vivez-vous le championnat du monde au jour le jour ?
Alain Bertholom : Ca va de mieux en mieux.
Heureusement, car c'était très stressant les premiers jours. Il y avait énormément de questions à règler. Nous avons rencontré des soucis pour le transport et surtout pour l'hébergement des délégations. On ne s'attendait pas à devoir accueillir autant de participants. Personnellement, je n'ai pas le temps de suivre les combats. J'ai simplement jeté un coup d'œil sur les Français.
Comment jugez-vous leur prestation ?
En tant que président de la section lutte de l'US Créteil, je suis forcément déçu par l'élimination de Djamel Aïnaoui, licencié au club. Il est tombé dans une poule très relevée, et a peut-être mal appréhendé la pression du public. Sur le plan national, Yannick Szczepaniak et Mélonim Noumonvi se sont brillamment comportés. Le niveau des lutteurs, ici, était fabuleux. Les pays d'ex-URSS produisent un lutte excellente. Les Français, tout comme les Américains, ont fait les frais de cette incroyable densité.
A combien estimez-vous le nombre de spectateurs présents sur toute la compétition ?
Environ 12 800 personnes auront assisté au championnat depuis la cérémonie d'ouverture jusqu'à ce soir. Il y a un ou deux ans, nous n'aurions jamais osé espérer une telle affluence. Il y a tellement de spectateurs que nous sommes obligés de refuser des gens. C'est fou. La promotion de l'événement a été très efficace car nous avons fait appel à des professionnels de la communication. Et puis je crois que nous avons bénéficié de l'engouement énorme des Français pour les championnats du monde d'athlétisme de la fin août. Les spectateurs ont eu à nouveau envie de vibrer derrière une équipe de France. Aujourd'hui, nous sommes victimes de notre succès.
Un succès confirmé par l'importante couverture médiatique ?
En effet, je n'ai pas eu le temps de suivre cela en détail, mais on m'a dit que toutes les télévisions françaises ont parlé de la compétition. Les radios nationales comme RTL et Europe 1 aussi. Cette exposition a attiré des vedettes du show-business comme Charles Elie-Couture ou Francis Lalanne. Du jamais vu en lutte ! J'espère que cette forte présence des médias s'accompagnera d'une nette hausse du nombre de licenciés. 10% en plus, ça serait énorme. Maintenant, c'est à la fédération française de prendre le relais.
Souhaitez-vous mettre votre expérience au service de la candidature de Paris 2012 ?
Evidemment, si l'on faisait appel à moi, j'accepterais avec plaisir. J'en ai vraiment envie. Les Jeux olympiques, c'est un rêve de gosse.
Propos recueillis par Camille Vandendriessche

Nazarian vise un deuxième titre

Double champion olympique en 1996 et 2000, Armen Nazarian est considéré comme le numéro 1 de la lutte dans la catégorie des moins de 60 kg. Pourtant, ce champion n'a qu'un seul titre mondial à son actif. Bien parti depuis le début de la compétition, il tentera donc aujourd'hui d'en remporter un second. Tout comme Ara Abrahamian, ce néo-bulgare de 29 ans, est issu de la grande école de lutte arménienne. Armen Nazarian est un champion à part : il a remporté ses deux titres olympiques sous deux nationalités différentes. Devenu bulgare en 1997, il est devenu le héros d'un pays qui l'a adopté immédiatement. Avec 6 titres européens et 2 titres olympiques, on se demande pourquoi il n'a qu'une seule couronne mondiale ? La réponse n'est pas évidente mais Stoian Dobrev, l'un de ses entraîneurs, explique : " Il n'a pas eu de chances et à chaque fois il a été éliminé d'un rien ". Cet athlète à la technique éblouissante, attaque aujourd'hui les &Mac218; de finales avec un objectif simple : confirmer sa suprématie dans les moins de 60kg. Ses multiples succès dans les compétitions internationales ne sont pas le fruit du hasard, Armen Nazarian est un travailleur hors pair. " Il travaille très dur pour être toujours au top " confie Stoian Dobrev. Un physique et une technique incomparable lui permettent de faire la différence dans les moments difficiles. On ne sait pas encore qui pourra inquiéter ce grand champion dans cette compétition, son plus grand ennemi c'est peut être lui-même.
Térence Joubert

Journal officiel du comité d’organisation du 48e championnat du monde de lutte gréco-romaine, réalisé par les étudiants de Sportcom, formation de l’Institut national du sport et de l’éducation physique (INSEP) et du Centre de formation des journalistes (CFJ).
Directeur de la publication : Alain Bertholom.
Rédaction en chef : Jean-Philippe Bouchard et Agnès De Féo.
Rédaction : Achille Bony, Matthieu Brelle-Andrade, Matthieu Canu, Jessica Cerival, Mélanie Chanvillard, Agathe Costes, Lucie Decosse, Arnaud Drion, Gwladys Epangue, Térence Joubert, Juliette Obriot, Mickaël Pirat, Laetitia Tchoualack, Camille Vandendriessche.